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 Christian SIGNOL - Bonheurs d'enfance.

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fred
Myron Bolitar
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Messages : 1394
Date d'inscription : 07/10/2009

MessageSujet: Christian SIGNOL - Bonheurs d'enfance.    Mar 11 Jan - 1:59


Nul ne guérit de son enfance... En 1958, à onze ans, Christian Signol doit quitter son village natal, dans le Quercy, pour devenir pensionnaire à la ville. Une blessure qui ne se refermera jamais.

Le romancier des Vignes de Sainte-Colombe rouvre la porte à ses souvenirs : les arbres, les champs, les goûters près du fourneau, le garde champêtre et le meunier, les forains de passage. Les fenaisons et les vendanges, la pêche aux écrevisses, les feux de la Saint-Jean. Et puis aussi la petite école, l'instituteur, la découverte de la poésie grâce à Victor Hugo... Toutes les senteurs, tous les instants qui firent pour lui de ces années un paradis. Ecrit dans une langue savoureuse, voici un hymne bouleversant à un monde disparu.

Mon avis : J'ai découvert Christian Signol, et j'ai été ému par cette humble évocation de son enfance, évocation à la fois pleine de poésie, de générosité, de tendresse, mais aussi empreint de beaucoup de nostalgie et de regrets, à cause de la disparition du monde rural, des campagnes, qui représente toute l'enfance de Signol, et où la vie semblait plus belle et plus simple dans les années 50, où les gens étaient solidaires, travailleurs, droits ; où chaque journée de travail et chaque repas étaient vécu comme quelque chose de sacré et de bon, et où les hommes étaient en communion avec la nature. C'est un bouquin qui donne envie de retourner à l'essentiel, et nous laisse même un peu idiot à la fin, nous autres dans notre monde moderne et tellement futile. Une leçon de vie, de modestie, avec des portraits de personnages attachants et devant lesquels on aimerait s'incliner tant ils forcent le respect. Ce livre comporte beaucoup de passages qui m'ont touché, dont celui-ci, entre autres : "Je demeure persuadé que les années qui ont suivi la Deuxième Guerre mondiale ont été des années plus heureuses que d'autres. Ne possédant presque rien, les gens, surtout dans les campagnes, se contentaient de peu. Après la peur et l'horreur qui avaient duré 5 ans, il y avait dans l'air un besoin de bonheur immédiat, simple et naturel, une envie de se sentir vivant et d'aimer la vie. Hélas, cette atmosphère s'est dégradée au fil des ans, une fois "l'abondance revenue", parce que en effet, comme l'a si bien dit Robert Sabatier, "c'est le superflu qui nous dépouille".

Un autre passage qui m'a ému (et ils sont nombreux) et celui dans lequel Christian Signol parle de son grand père, après une dure matinée de labeur dans les champs, à l'heure de manger. Signol était un enfant et accompagnait ses grands-parents lors de ces travaux : "Il posait sur l'herbe le pain, le fromage, le saucisson, la bouteille de vin, coupait la tourte avec son couteau, me tendait un morceau, puis une rondelle que je commençais à manger, tandis qu'il se servait lui-même avec les gestes mesurés et heureux de ceux qui ont eu faim un jour. Nous ne parlions guère. J'hésitais à relever la tête, car je savais que je rencontrerais son regard posé sur moi et que j'y lirais tant de choses tellement plus bouleversantes, tellement plus belles que si elles avaient été dites. Car, en ces moments-là, le bleu (de ses yeux) n'était plus le même : il devenait plus chaud, plus profond, et il m'attirait comme une mer vers laquelle j'aurais voulu me précipiter."

Et puis, en parlant du maréchal ferrant se voyant faire faillite du fait des automobiles de plus en plus nombreuses passant devant son lieu de travail : "Il n'a pas vécu vieux, comme s'il s'était refusé, à l'exemple de tant d'autres qui ne l'ont jamais avoué mais qui sont mort de chagrin, à la disparition d'un monde qu'ils aimaient trop pour accepter le voir s'en aller. Il existe des hommes dont le coeur innocent a la fragilité du verre. Ce sont ceux-là les meilleurs. Ce sont aussi les plus vulnérables, c'est pour cette raison qu'il en reste si peu."

Bref, très beau livre, qui se lit vite et ne contient (pour moi) que des choses attirantes et pures, une "récapitulation de mes trésors d'enfance", pour reprendre les propos de l'auteur à la fin du livre.
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