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 Charles BAUDELAIRE - Les Fleurs du mal

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Nono
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MessageSujet: Charles BAUDELAIRE - Les Fleurs du mal   Dim 11 Oct - 17:42


" Mon enfant, ma sœur, Songe à la douceur D'aller là-bas vivre ensemble ! " Parce qu'il se complaît au seuil de la nuit, qu'il est cet homme témoin de l'éternelle misère, assailli d'angoisse devant le temps qui fuit et la vie qui s'use, Baudelaire s'étourdit, de rêves et d'espace. Il voyage sur une chevelure, se joue des couleurs, célèbre le vin, se grise de lunes, se mire dans les yeux des chats et dans ceux, plus troubles, des femmes. Le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau... Tout est prétexte à l'enivrement. Même le Mal, dont il extrait la Beauté, fait de sa poésie " une gerbe épanouie de mille fleurs "...

Nono : Si sombre, si déroutant, si... beau ! Baudelaire est incontestablement un dieu dans son univers. Rien à redire, il nous plonge dans sa poésie mélancolique et étourdissante. A jamais inimitable !

Extrait de Spleen : Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle

Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l'horizon embrassant tout le cercle
Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits ;

Quand la terre est changée en un cachot humide,
Où l'Espérance, comme une chauve-souris,
S'en va battant les murs de son aile timide
Et se cognant la tête à des plafonds pourris ;

Quand la pluie étalant ses immenses traînées
D'une vaste prison imite les barreaux,
Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées
Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,

Des cloches tout à coup sautent avec furie
Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
Ainsi que des esprits errants et sans patrie
Qui se mettent à geindre opiniâtrement.

- Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme ; l'Espoir,
Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.

_________________
La Roue du temps tourne, les Eres se succèdent, laissant des souvenirs qui deviennent légendes. La légende se fond en mythe, et même le mythe est depuis longtemps oublié quand revient l'Ere qui lui a donné naissance.
(Robert Jordan)

La vie est une roue, son seul boulot c'est de tourner, et elle revient toujours à son point de départ.
(Stephen King)


Dernière édition par Nono le Ven 1 Mar - 22:24, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Charles BAUDELAIRE - Les Fleurs du mal   Dim 11 Oct - 19:42

Souvenirs du Bac français

ma préférence va au poème Une charogne
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Nono
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MessageSujet: Re: Charles BAUDELAIRE - Les Fleurs du mal   Dim 11 Oct - 20:18

Abso a écrit:

ma préférence va au poème Une charogne

Tu nous le mets ? study

_________________
La Roue du temps tourne, les Eres se succèdent, laissant des souvenirs qui deviennent légendes. La légende se fond en mythe, et même le mythe est depuis longtemps oublié quand revient l'Ere qui lui a donné naissance.
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MessageSujet: Re: Charles BAUDELAIRE - Les Fleurs du mal   Dim 11 Oct - 20:28

Suffisait de demander

Rappelez-vous l'objet que nous vîmes, mon âme,
Ce beau matin d'été si doux:
Au détour d'un sentier une charogne infâme
Sur un lit semé de cailloux,
Les jambes en l'air, comme une femme lubrique,
Brûlante et suant les poisons,
Ouvrait d'une façon nonchalante et cynique
Son ventre plein d'exhalaisons.
Le soleil rayonnait sur cette pourriture,
Comme afin de la cuire à point,
Et de rendre au centuple à la grande Nature
Tout ce qu'ensemble elle avait joint;
Et le ciel regardait la carcasse superbe
Comme une fleur s'épanouir.
La puanteur était si forte, que sur l'herbe
Vous crûtes vous évanouir.
Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,
D'où sortaient de noirs bataillons
De larves, qui coulaient comme un épais liquide
Le long de ces vivants haillons.
Tout cela descendait, montait comme une vague
Ou s'élançait en pétillant
On eût dit que le corps, enflé d'un souffle vague,
Vivait en se multipliant.
Et ce monde rendait une étrange musique,
Comme l'eau courante et le vent,
Ou le grain qu'un vanneur d'un mouvement rythmique
Agite et tourne dans son van.
Les formes s'effaçaient et n'étaient plus qu'un rêve,
Une ébauche lente à venir
Sur la toile oubliée, et que l'artiste achève
Seulement par le souvenir.
Derrière les rochers une chienne inquiète
Nous regardait d'un oeil fâché,
Epiant le moment de reprendre au squelette
Le morceau qu'elle avait lâché.
- Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,
A cette horrible infection,
Etoile de mes yeux, soleil de ma nature,
Vous, mon ange et ma passion!
Oui! telle vous serez, ô la reine des grâces,
Apres les derniers sacrements,
Quand vous irez, sous l'herbe et les floraisons grasses,
Moisir parmi les ossements.
Alors, ô ma beauté! dites à la vermine
Qui vous mangera de baisers,
Que j'ai gardé la forme et l'essence divine
De mes amours décomposés!
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Nono
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MessageSujet: Re: Charles BAUDELAIRE - Les Fleurs du mal   Dim 11 Oct - 20:46

Je ne me souvenais plus de celui-ci, c'est beau ! I love you

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