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 Fiodor DOSTOÏEVSKI - L'Idiot

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fred
Myron Bolitar
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Date d'inscription : 07/10/2009

MessageSujet: Fiodor DOSTOÏEVSKI - L'Idiot    Jeu 23 Juil - 21:21


Résumé : Le prince Mychkine est un être fondamentalement bon, mais sa bonté confine à la naïveté et à l’idiotie, même s’il est capable d’analyses psychologiques très fines. Après avoir passé sa jeunesse en Suisse dans un sanatorium pour soigner son épilepsie, il retourne en Russie pour pénétrer les cercles fermés de la société russe, sans sou ni attache, mais avec son titre de noblesse et un certificat de recommandation en poche. Il se retrouve par hasard mêlé à un projet de mariage concernant Nastassia Filippovna, jeune femme très belle, adulée par un grand nombre de soupirants, mais dont le seul amant est Totzky, son tuteur de 55 ans qui l’a élevée et en a fait sa maîtresse dès la petite adolescence…

Mon avis : Les 70 premières pages sont un peu brouillonne (Dostoïevski n’était d’ailleurs pas satisfait du début si l’on en croit sa lettre dans la préface), les noms comme de coutume dans la littérature russe sont difficiles à prononcer, la ressemblance des uns avec les autres porte à confusion et sont très nombreux dès le début du roman alors que nous en sommes encore à tâtonner. Et puis les choses au fil des pages s’éclaircissent et nous finissons par nous immerger dans l’histoire et dans ces deux familles russes uniques, comme nous n’en rencontrons que dans la littérature russe je trouve, familles hautes en couleur et débordantes de vie et de caractère, et où les femmes tiennent une place énorme, personnages d’une justesse incroyable.

La quête du Prince Muichkine (l'idiot), être le meilleur possible et croire son prochain capable de l’être autant que lui, est impossible et c’est ce qui fait que malgré sa candeur et sa gentillesse, sa volonté de tirer l’homme vers le haut, même celui que l’on croit irrécupérable et qui pourtant possède en lui une parcelle de bien, il s’emmêlera dans des situations impossibles, et provoquera bien des désordres, se fera aimer mais aussi haïr.

Certains des dialogues sont exaltants, superbement écrits, notamment ceux dans lesquels le prince Muichkine fait part de ses impressions sur la peine de mort et sur ce que peut ressentir un condamné à mort avant son exécution. Quelles sont ses dernières pensées, où se portent ses derniers regards, quels visages regarde-t-il dans la foule, quelles sont ses derniers gestes et dernières paroles ultimes :

« Que se passe-t-il en cette minute dans l’âme ? A quelle convulsion est-elle amenée ? [...] C’est curieux, il est rare qu’on s’évanouisse pendant ces dernières secondes ! Au contraire, le cerveau vit intensément et d’une façon très active, très puissante même, comme une machine en pleine action ; j’imagine le martèlement des pensées, toutes inachevées, peut-être bizarres et même drôles « Ce bonhomme qui me regarde, il a une verrue sur le front ; le bourreau a un des boutons de sa veste rouillé… » [...] Et pensez qu’il en est ainsi jusqu’au dernier quart de seconde, quand la tête est déjà sous le couperet et qu’elle attend et qu’elle sait et entend tout à coup au-dessus d’elle le grincement du fer ! Car on ne peut pas ne pas l’entendre ! [...] Et imaginez-vous, il y en a qui prétendent qu’une fois la tête tombée, elle sait peut-être encore, pendant une seconde, qu’elle est tombée… Quelle sensation ! Et si cela durait cinq secondes !… »

Le style de Dostoïevski est un peu « primitif », moins subtil et riche que celui de Tolstoï, mais pas moins efficace pour autant et à mon goût. Son univers est en revanche plus confiné, plus malsain, plus sale, les scélérats ont un rôle prépondérant, le crime hante les pages. Après pour ce roman ci (je ne sais pas les autres) les personnages sont intéressants sans être extraordinaires, à part peut-être le prince Muichkine, c’est-à-dire notre idiot, ou même à certains moments Natassia Philipovna qui parvient à exercer une certaine fascination malgré la détestation que l’on peut éprouver à son égard, ou Rogojine qui parvient durant certains pages à dégager un réel sentiment de malaise, par exemple lorsque le Prince lui rend visite dans sa lugubre demeure et où ils regardent un tableau du Christ à sa descente de la Croix, peinture de Hans Holbein.

Voilà, bonne impression finale même si ce roman n’a rien de transcendant. Les quelques scènes éblouissantes n’en font pas un roman immense, mais le récit est rondement mené, consistant, et les personnages laissent en nous au final une certaine empreinte.
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