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 Gabriel GARCIA MARQUEZ - Cent ans de solitude

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fred
Myron Bolitar
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Date d'inscription : 07/10/2009

MessageSujet: Gabriel GARCIA MARQUEZ - Cent ans de solitude    Mer 29 Avr - 17:31


Résumé : À Macondo, petit village isolé d’Amérique du Sud, l’illustre famille Buendia est condamnée à cent ans de solitude par la prophétie du gitan Melquiades… Dans un tourbillon de révolutions, de guerres civiles, de fléaux et de destructions, elle vit une épopée mythique, à la saveur inoubliable, qui traverse les trois âges de la vie : naissance, vie et décadence…

Mon avis : Cent ans de solitude, c’est un conte merveilleux, caractérisé par la magie, l’onirisme, la volupté, et dont les trois piliers fondamentaux sont l’amour, la nostalgie, et bien sûr, la solitude. Il s’en dégage aussi quelque chose de terreux, de moite, quelque chose de brûlant, de féroce. C’est l’histoire d’une famille extraordinaire aux quêtes impossibles, se consumant dans des passions voraces – à l’image de l’écriture de Gabriel Garcia Marquez – s’annihilant dans des abîmes de solitude, et dont nous suivons le destin de chacun de ses membres, de la naissance à la mort, dans une confusion de liens entremêlés, de croisements douteux, pour ne pas dire incestueux, de passions assouvies et inassouvies, d’illusions et de désillusions.

Les personnages sont donc fauves, taciturnes, sulfureux – surtout les personnages féminins, proprement ensorcelants : Amaranta, Remedios-la-belle, Rebecca, Pilar Ternera, au rire éclatant, faisant s’envoler et fuir les oiseaux – et infiniment seuls, malgré que la maison des Buendia soit constamment remplie de monde, de visiteurs, pleine d’allées et venues, de boîtes à musique, de jouets mécaniques, de fleurs, mais aussi de pièces occultes consacrées à l’ésotérisme, à l’alchimie, ou encore à l’orfèvrerie.

Le style de Gabriel Garcia Marquez est gorgé de vitalité et emprunt d’une naïveté presque enfantine. C’est comme si un immense ballon était crevé et déversait sans interruption toute sorte de merveilles et d’horreurs, d’allégories et de bizarreries, de fluides aussi suaves, agréablement parfumés, que suffocants et empoisonnés.

On relit certaines passages plusieurs fois tant ils sont magnifiquement écrits, comme par exemple celui-ci :

« Étourdi par deux nostalgies qui se faisaient face comme des miroirs parallèles, il perdit son merveilleux sens de l’irréalité, au point qu’il finit par leur recommander à tous de quitter Macondo, d’oublier ce qu’il leur avait enseigné sur le monde et le cœur humain, d’envoyer chier Horace, et, en quelque endroit qu’ils fussent, de toujours se rappeler que le passé n’était que mensonge, que la mémoire ne comportait pas de chemin de retour, que tout printemps révolu était irrécupérable et que l’amour le plus fou, le plus persistant, n’était de toute manière qu’une vérité de passade. »

Il y a aussi ces moments un peu somnolents, où nous nous sentons bercer par une douceur bienvenue, qui apaise les fièvres innombrables du roman, durant lesquels nous avons l’impression d’être dans un beau western romantique, avec ses couchers de soleil et ses crépuscules mauves, qui soudainement, en clin d’œil, virent au noir, au sang, et où les personnages sombrent dans la rancœur et le chagrin, ne pouvant être heureux, la prophétie du vieux Melquiades devant s’accomplir.

Roman dont le monde est à la fois celui du 20e siècle, avec ses révolutions et ses grandes découvertes, et un beaucoup plus ancien nous ramenant comme à l’aube de l’humanité, le petit village sud-américain de Macondo se développant dans un milieux isolé, primitif, loin de tout. D’où son côté hors du temps et sans limites sur le plan imaginaire. Nous passons d’un personnage à l’autre, de génération en génération, avec une bonne représentation de ce peut-être le temps. Le temps étant comme une roue ne cessant de tourner sur elle-même et répétant indéfiniment les mêmes choses : les personnages se multiplient, se marient, font des enfants, se lient, se délient, s’aiment, se détestent, finissent pas s’oublier, partent au bout du monde, tuent, explorent, inventent, détruisent, reconstruisent, deviennent fous, font la guerre, etc. Famille Buendia maudite. Un siècle de destinées tenant sur 460 pages en une narration torrentueuse.

Un très grand roman, avec néanmoins quelques longueurs, notamment dans la partie politique et militaire, mais passagères seulement, l’ensemble restant, à mon goût, captivant du début à la fin. C’est le genre de roman qui semble provenir des entrailles de la terre, qui hante, et dont nous sortons avec l’impression d’avoir vécu.
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