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 Henri BARBUSSE - Le Feu

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fred
Myron Bolitar
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Date d'inscription : 07/10/2009

MessageSujet: Henri BARBUSSE - Le Feu   Sam 10 Mai - 15:04


4e de couverture : Les années 1915 et 1916 ont été, pour Henri Barbusse, décisives.
C’est en 1915 qu’il a vécu Le Feu dans les tranchées du Soissonnais, de l’Argonne et de l’Artois, comme soldat d’escouade, puis comme brancardier au 231e régiment d’infanterie où il s’était engagé. C’est en 1916, au cours de son évacuation dans les hôpitaux, qu’il a écrit son livre. Celui-ci, publié par les Éditions Flammarion à la fin de novembre, remporta aussitôt après le prix Goncourt. Considéré dans le monde entier comme un des chefs-d’œuvre de la littérature de guerre, c’est un des témoignages les plus vrais et les plus pathétiques des combattants de première ligne.
Le Feu est suivi du Carnet de guerre qui permet de remonter aux sources mêmes de la création du roman épique d’Henri Barbusse.


Mon avis : Ce livre m'a bien sonné, il est juste sublime, poignant, magistral, et pourtant il a quelque chose de très modeste, à l'image des hommes dont il parle et dont Barbusse brosse superbement les portraits. La prose de ce grand écrivain que je suis fier de découvrir, est magnifique, simple, ses images sont précises, ses descriptions parfaites, les mots toujours justes, pas un de plus, pas un de moins. Les hommes si humbles dont il parle, ces braves poilus, avec qui il a combattu en première ligne, sont très attachants, émouvants, parce que ce sont des gens ordinaires, des paysans, des ouvriers, avec un vocabulaire rudimentaire ne leur permettant pas souvent de traduire leurs sentiments sur les choses qu'ils ressentent, mais qui par instant, dans des éclairs de pure compréhension, sortent des vérités éclatantes, tout droit sorties de leurs cœurs, de leurs tripes, presque naïvement, comme des enfants.
Au début, on est plongé dans le bain un peu froidement, une certaine lenteur se fait sentir, et puis au fil des pages, alors que l'on observe ces soldats et que l'on vit avec eux dans les tranchées, on fini par se sentir intégré dans la troupe, avec la sensation très dérangeante de se trouver véritablement dans les tranchées. Barbusse retranscrit tout, sur le tas, les conversations et le langage des soldats (pas toujours facile à maîtriser ou même à comprendre) leur verve, leurs expressions, leur aspect primitif, infligé par la situation, les conditions de vie effroyables (la pluie, la boue, le froid, la faim, la fatigue) les espoirs des uns, les désillusions des autres. Les déplacements des troupes, souvent nocturnes, donnent lieu aussi à de magnifiques descriptions, nous donnant vraiment la sensation de percevoir et de sentir les éléments au sein de cette armée en mouvement, sans passé et sans avenir, remplie de visages blêmes et fantomatiques, errante, accablée de fatigue dans les immensités du ciel et de la terre. Dans les scènes de jour, tout est désolé, champs dévastés, grisaille, nuées salies. Parfois quelques percées de soleil dans des villages où se reposent les soldats, quelques moments de paix, de repos, de chaleur, des scènes de tendresse très discrètes, d'amitié pudique, des passages doux-amers où remontent les souvenirs d'autrefois, d'avant la guerre, dans laquelle ils ont été brutalement jeté, sans bien comprendre pourquoi. On ne rentre jamais dans la psychologie des personnages, on reste dans quelque chose de très en surface, d'immédiat, d'essentiel, où tout est dit en peu de mots. Dans le dernier tiers du roman, là on touche aux nerfs. Barbusse m'a fait vivre une scène de bataille apocalyptique gigantesque, j'avais les mains crispées sur mon livre, le cœur battant, et beaucoup de pitié pour ces pauvres hommes ordinaires, déracinés des quatre coins du pays pour aller s'agglutiner comme du bétail dans la boucherie des terres de l'Est. J'ai beaucoup aimé la façon dont le narrateur décrit les tirs d'obus : comme si des trains entraient dans des rames de métro, mais en l'air, au-dessus des têtes, dans un vacarme assourdissant et les lumières des fusées. Cette course contre la mort, contre les balles, sous les éclats d'obus, m'a vraiment saisi. Et puis alors après tout ça, Barbusse nous montre les résultats macabres et inhumains d'une telle guerre : boucherie humaine, des cadavres qui ne ressemblent même plus à des cadavres, une terre complètement ravagée, retournée, pulvérisée, comme les êtres, des êtres en souffrance effondrés le long des tranchées, gémissant, entassés les uns sur les autres, cadavres, blessés. Ce roman m'a vraiment touché, révolté, et j'avoue avoir du mal à laisser ces soldats, qui à la fin du livre qui ressemble à une fin du monde, s'en retournent à la guerre après avoir échangé des idées pour l'avenir, après avoir tenté d'essayer de comprendre comment les hommes en étaient arrivés là. Et l'une des idées qui sort de la bouche d'un soldat, c'est : "Y'aura plus de guerre quand l'esprit de la guerre sera vaincu."
Vraiment un très grand roman à lire, éprouvant, émouvant, et hautement instructif.
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Henri BARBUSSE - Le Feu
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